Comment j’ai survécu à l’hyperémèse gravidique

hyperémèse gravidique

Par Amélie

Cela fait quelques mois que je n’écris plus sur le blog. Lire cet article vous permettra de comprendre les raisons de cette absence. Vous avez nombreux à me demander quand j’allais reprendre mes articles, je vous en remercie 🙂

Lors de ma première grossesse, il y a quatre ans, j’ai souffert d’hyperémèse gravidique à partir de six semaines, jusqu’à quatre mois. J’ai perdu 7 kilos à l’époque. Si vous ne savez pas encore ce que c’est : des nausées et des vomissements à longueur de journée, y compris la nuit. 1 à 2% des femmes enceintes en souffrent, et dans la majorité des cas, cela s’arrête à la fin du premier trimestre.

Je suis à nouveau enceinte, de bientôt quatre mois. Dès six semaines, l’hyperémèse est revenue, aussi forte que lors de ma première grossesse. Mais cette fois-ci, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et surtout, je m’étais renseignée et préparée. J’ai perdu presque 5 kilos, mais je ne l’ai pas vécu de la même façon et je m’en remets bien mieux.

Les conseils que je donne dans cet article peuvent aussi aider pour les nausées de grossesse dites « classiques ». J’ai bien sûr conscience que ce qui a pu fonctionner pour moi ne fonctionnera pas pour toutes. Mais si cela peut aider …

L'AIDE MÉDICALE

Lors de ma première grossesse, ma gynécologue m’avait bien sûr prescrit un arrêt de travail de plusieurs mois. Donc là, dès que j’ai senti que la situation m’échappait, j’ai foncé chez ma gynécologue. J’ai été arrêtée trois semaines. Rien à voir avec l’arrêt de plusieurs mois de ma première grossesse ! La première étape, c’est donc de ne pas hésiter à s’arrêter de travail quelques temps. Si votre praticien ne vous prescrit pas d’arrêt, allez voir ailleurs : il ne sait pas de quoi vous souffrez et ne vous sera d’aucune aide.

Il y a quatre ans, les seuls traitements qui étaient prescrits étaient le Primpéran ou le Donormyl (à base de doxylamine). Le premier est connu des hyperemesis survivor pour être clairement inefficace. Le second fonctionne partiellement, et peu de temps. Le répit est mince.

Cette fois-ci, ma gynécologue m’a prescrit du Cariban, un médicament utilisé couramment aux États-Unis et au Canada. Il contient de la doxylamine (un somnifère) et de la vitamine B6 (je vulgarise, désolée pour les soignants qui pourraient me lire). J’ai nettement vu la différence. Les vomissements ont cessé du jour au lendemain. Seules de fortes nausées subsistaient. En revanche, il s’agit d’un somnifère … Donc je vous laisse imaginer dans quel état vous êtes quand vous prenez quatre gélules/jour. Il y a aussi un « sevrage » à réaliser, par étapes. J’ai essayé de l’arrêter un peu trop vite, et les vomissements ont repris violemment. 

J’en suis à une gélule/jour. Le bout du tunnel approche. 

Parmi les praticiens de santé qui m’ont aidée, hormis ma gynécologue grâce à cette prescription et à l’arrêt de travail, il y a aussi une sage-femme spécialisée en acupuncture. Certes, cela ne règle pas le problème indéfiniment, mais cela soulage bien pendant quelques heures, voire quelques jours.

Cherchez ce qui vous correspond, essayez, encore et encore de nouvelles choses. Ne perdez pas espoir. Le sport m’a sauvée, alors que j’étais au bout du rouleau. Chacune son truc !

Gérer le quotidien

hyperemesis gravidarum

Grâce à ma première grossesse, j’ai pu anticiper la gestion de certains aspects du quotidien. Je savais que Perte de poids + Somnifères + Fatigue de début de grossesse = ÉPUISEMENT. J’avais besoin de dormir une quinzaine d’heures/jour. Alors quand on a un aîné à gérer, qu’on ne veut pas qu’il en pâtisse, et que l’on n’a pas encore annoncé à ses proches sa grossesse, il faut activer le mode survie :

  • Préparer son conjoint/sa conjointe. Lui expliquer que l’on se sent mal, de plus en plus mal (le pic tourne entre la 8ème et la 10ème semaine de grossesse) et que l’on voit la vague arriver. On ne veut pas se la prendre en pleine face, on veut surfer dessus. Et il/elle a un rôle à jouer. Quand il y a un aîné, cela veut dire s’en occuper. Le/la laisser prendre en charge intégralement les courses, les repas et la vaisselle. Il/elle doit s’y attendre, car il y aura un stade où ouvrir le réfrigérateur devient intolérable. Quand il/elle cuisinera, il faudra qu’il/elle pense à faire des courants d’air pour que les odeurs de cuisine ne stagne pas dans la maison. Il/elle devra peut-être arrêter de se parfumer … Pour l’autre, ce n’est pas évident s’il ne s’y attend pas.
  • Si vous prenez un traitement à base de doxylamine, conduire sera impossible (et même interdit par votre médecin). Pensez aux voisins/au covoiturage pour effectuer les trajets école/crèche/nourrice/centre aéré …
  • Si vous le pouvez, faites appel à quelqu’un pour le ménage. Vous reposer est la priorité;
  • C’est un choix très personnel, mais je recommande d‘annoncer rapidement sa grossesse à l’entourage. Ou du moins à ceux que l’on côtoie le plus. Ils vous viendront en aide et comprendront votre situation. Cette injonction sociétale à attendre trois mois pour attendre sa grossesse n’a aucun sens, quand on y pense. Si vous faisiez une fausse couche, de toute manière, préféreriez-vous être soutenue ou vivre cet évènement complètement seule ?
  • Annoncez la grossesse à l’employeur, car on ne sait pas combien de temps cet arrêt peut durer et que du ressentiment peut apparaître de son côté s’il n’a pas les motifs de votre absence. Vous pouvez ne pas vous étendre et parler de simples complications.
  • Si c’est l’hiver/l’automne, faites le vaccin contre la grippe et fuyez les personnes malades, notamment en cas de gastro-entérite (je sais hélas de quoi je parle). Vous n’avez vraiment pas besoin de ça.

Survivre psychiquement

survivre hyperemese
  • Éloignez-vous de toute personne qui pourrait vous suggérer de prendre du gingembre, qui vous demanderait si ce n’est pas psychologique ou dans votre tête, ou qui n’aurait pas les bons mots. Vous reverrez ces personnes au moment voulu. Cela peut concerner le personnel médical !
  • Pour ceux qui ne comprennent pas votre état, sortez-les de votre champ de vision, vous n’avez pas besoin d’être jugée.
  • S’il y a un aîné, annoncez lui la grossesse, et expliquez lui ce qui vous arrive. Cela lui évitera des questionnements et des angoisses, et cela vous évitera de culpabiliser.
  • Dites-vous bien que ce qui vous arrive est plus fréquent qu’on ne le pense, et que le chiffre de 1 à 2% des femmes enceintes est sûrement sous-estimé. Vous n’êtes pas seule à le vivre.
  • Vous aurez probablement des difficultés à investir la grossesse et à vous projeter. Compte-tenu de votre état, c’est normal. Ne vous en voulez pas.
  • Dites-vous surtout que cela va s’arrêter. Il y a une fin.
  • Renseignez-vous sur les hormones sécrétées par votre corps. J’ai rapidement compris que le sport, passées les 10 premières minutes de nausées intenses, me permettait de sécréter des endorphines et me soulageait radicalement pendant une douzaine d’heures. Certes, j’étais épuisée, et il a fallu de la discipline plus de que la motivation. Mais j’ai vu une nette différence.
  • Dormez le plus possible, reposez-vous. Votre corps en a besoin.
  • Il y aura des moments où vous aurez l’impression que votre corps ne sait que vous faire souffrir. Cherchez à revivre des sensations corporelles agréables : un massage/semaine, un bain tous les soirs, du yoga …
  • Occupez votre esprit : films, séries, livres … mais attention au temps passé devant les écrans qui peut aggraver les nausées.
  • Écoutez des musiques que vous aimez. Souvent.
  • Mais surtout : fuyez toute forme de stress !

Conseils pour l'entourage

aider hyperemese
  • L’hyperémèse gravidique est une intolérance à l’hormone de grossesse. C’est une maladie, et non un des « petits maux » de la grossesse. Intégrez cette idée et sortez de votre esprit tout doute quand à la cause de cette maladie.
    Pour ma première grossesse, j’ai commencé à vomir avant même de savoir que j’étais enceinte et j’étais loin de m’en douter. Il n’y a aucune cause psychosomatique là-dedans.
  • Mettez-vous à sa place : imaginez, pendant des mois, avoir les mêmes symptômes qu’une gastro-entérite ou une gueule de bois à longueur de temps. Avoir des nausées qui vous réveillent. Être épuisée, tout le temps. Ne plus pouvoir se brosser les dents sans vomir. Le tout en ayant une sensation de faim douloureuse, des brûlures d’estomac, des remontées acides, une faiblesse musculaire qui s’installe. Car la fonte musculaire apparaît rapidement et monter un escalier devient un marathon. Se sentir mal en permanence, sans aucun répit. Tout en voyant les autres continuer à vivre normalement.
  • Commencez par travailler votre discours : bienveillance et non-jugeance doivent être de mise. Personne ne vous a demandé votre avis sur la situation, ou un quelconque conseil (sauf si vous l’avez vécu). Si vous l’avez vécu, parlez-en, soyez enveloppant, soutenez la maman.
  • On bannit toutes les phrases insupportables du type « vois le bon côté des choses, tu auras moins de poids à perdre à la fin » … car non, ce n’est pas une bonne chose, cela augmente les risques de prématurité et de complications pendant la grossesse, et ça, la maman le sait.
  • Pitié, ne parlez pas de nourriture ! Le sujet est insupportable !
  • Aidez. Prenez des nouvelles. Encouragez. Entendez sa détresse. Ne dédramatisez pas car elle traverse une terrible épreuve. Rappelez-lui comme elle est forte. Dites-lui que ce n’est pas pour toute la vie. Imaginez qu’il y a des moments où elle voudrait se jeter par la fenêtre. Que diriez-vous à quelqu’un au bord d’un précipice pour le dissuader de s’y jeter ?

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